23 novembre 2010
Information
Bonjour,
J'avais laissé en supens cette histoire mais j'ai comme projet de l'éditer en format poche.
C'est une histoire ciblée pour jeune adulte qui mêle action, fantastique et humour.
nouveau blog provisoire, site en construction
A bientôt
Belinda
12 octobre 2008
QUATRIEME DE COUVERTURE
Suite à une excursion organisée par son lycée, Suzie, une adolescente de dix-sept ans, se retrouve projetée dans un autre monde, peuplé d'êtres différents. Alors, commence une incroyable aventure pour cette jeune fille solitaire. Entre la magie de cet univers et le terrible danger qui le menace, une course contre la montre débute afin de découvrir le fameux "labyrinthe des glaces", lieu qui renferme un secret qui pourrait délivrer les trois mondes. Accompagnée de ses nouveaux amis, elle se lance dans une quête qui pourrait s'avérer impossible ; car, personne, n'a jamais pu localiser cet endroit mystérieux.
11 octobre 2008
Chapitre 1 - Partie 2
La lune projetait ses rayons argentés sur un amas de petits rochers. Les arbres, dont les feuilles bruissaient sous une faible brise, s'élançaient dans un ciel constellé d'étoiles. Un silence apaisant régnait dans ce parc à la végétation riche et variée. A proximité d'une rivière, qui serpentait entre des buissons fleuris, veillait un homme au regard pétillant. Il sourit à la vue de sapins qui, tels de petits soldats solitaires, bordaient un sentier parsemé de cailloux blanc. Une longue barbe grise indiquait un âge avancé. Une soutane marron, coupée dans une étoffe fluide, ondulait sous le souffle régulier du vent. Dans sa main droite, planté dans le sol, un sceptre serti de pierres précieuses brillait d'une lueur opalescente. Un chapeau de sorcier à la pointe recourbée complétait son allure étrange.
- Comment te portes-tu mon ami ? questionna-t-il subitement d'un ton amusé.
Une voix jeune et masculine aux intonations espiègles s'éleva :
- Vous avez entendu mes pas, Maître Ybagus. Je pensais être plus rusé.
Il pivota le sourire aux lèvres.
- Oui... mais tes progrès m'impressionnent, je n'ai perçu ton pas qu'à l'entrée du parc (elle se situait pratiquement à un kilomètre de l'endroit où il se tenait), et j'ai pu juger de ton habilité à te déplacer.
- Merci, répondit-il en souriant.
Le vieil homme fit quelques pas, son visage ridé et empreint d'une grande sagesse se dessinait parfaitement sous la clarté argent. Sa silhouette imposante inspirait le plus grand respect tandis que ses yeux trahissaient un esprit vif et intelligent.
- Alors, mon ami, tu souhaitais me rencontrer avant le grand jour.
- Oui... je...l'heure approche...commença-t-il d'un ton hésitant.
Il se tut. Ybagus perçut son malaise et déclara d’une voix apaisante :
- Demain, mon jeune ami. Le passage sera prêt, mais tu es sceptique et en proie au doute,
Le jeune homme se raidit puis poussa un profond soupir.
- Je l'avoue... je ne veux pas douter de votre choix...cependant, cette personne me parait bien jeune et sans expérience pour une telle responsabilité, lança-t-il d'une traite.
Il marqua une pause, le front barré par un pli soucieux.
- C'est une fille ! S’exclama-t-il, enfin, incapable de dissimuler sa consternation.
Le cœur battant, il attendit la réaction d'Ybagus qui, après quelques secondes de silence, éclata d'un rire franc ; puis, reprenant son sérieux, il leva le visage vers le ciel, perdu dans ses pensées. La rivière clapotait, le vent soufflait légèrement, la nature entière paraissait suspendue à ses lèvres. Finalement, Il baissa les yeux lentement.
- Elle est bien plus forte que tu ne le penses, commença-t-il d'une voix profonde. Mais, sache que je comprends ton incertitude, nous avons attendu cet événement si longtemps. Je souhaiterais pouvoir t'apporter toutes les réponses ; toutefois, il existe certains mystères qui doivent le rester pour le bien et la sécurité de tous. J'ai confiance en elle, et le temps te permettra de comprendre mes paroles. Aujourd'hui, seule, notre foi dans les trois mondes guide nos pas et nos choix... et elle en fait partie.
Le jeune homme hocha la tête, silencieux. Il avait une confiance aveugle dans le vieux sorcier.
- Je suis désolé, mais c'était tellement inattendu ! Ne vous en faites pas, Ybagus, je ne vous décevrai pas déclara-t-il avec respect. Si elle a toute votre confiance, cela me suffit amplement.
Ce dernier, reconnaissant, posa une main sur son épaule qu'il pressa en signe d'affection, puis il tendit lentement le bras gauche ; une masse sombre tournoya au-dessus des deux silhouettes. Un oiseau d’une couleur grise et de taille moyenne atterrit avec douceur sur son poignet. Pendant la conversation, il était resté perché sur une branche à proximité de la rivière. Dans la nuit, son plumage prenait des reflets bleutés. Le sorcier le fixa du regard.
- Un long voyage vous attend, veille sur notre jeune ami, Cotillon.
L'oiseau l’écoutait, le regard vif; il semblait comprendre ses paroles.
- Alors, je rentre, Ybagus, fit le jeune homme. J'espère vous revoir bientôt.
- Moi aussi. Soyez prudents !
- N'ayez crainte, nous vous contacterons dès l'arrivée de Tarken.
Le jeune homme émit un léger sifflement, et dans un bruissement d’ailes, l'oiseau se posa sur l'épaule de son maître.
Après un dernier signe, ils s’éloignèrent et se fondirent dans la nuit. Songeur, Ybagus le suivit du regard : "ton père pourra être fier de toi", pensa-t-il.
D'un pas lent, il bifurqua vers la rivière qu'il traversa pour atteindre l'autre rive ; il continua son chemin. Le bas de sa soutane ainsi que ses chaussures étaient parfaitement secs, l'eau avait tout simplement glissé le long de la matière. Il accéléra le pas et s'enfonça dans la forêt, se déplaçant à présent avec agilité entre les arbres. La nuit d'une couleur encre aurait empêché n’importe quel humain, démuni d'une torche, de traverser les lieux sans percuter un obstacle. Pourtant, Ybagus n'éprouvait aucune difficulté à se mouvoir dans l'obscurité. Au bout de dix minutes, il pénétra dans une grotte, la température avait baissé sensiblement, puis ses pas le menèrent au fond de la cavité devant une paroi. Alors, il leva la main munie de son sceptre : une lueur blanchâtre rayonna à son extrémité. Ybagus le pencha jusqu'à ce qu'il effleure la roche éclaboussée par cette lumière intense. Il commença à prononcer des paroles incompréhensibles, des phrases semblables à une incantation ; finalement, d'une voix sépulcrale et puissante, il s'exclama :
- Par le pouvoir de Thoran, ouvre le passage unique qui relie nos deux chemins ! A la croisée des nuages de cendres, seule, la fleur des terres rejoindra la frontière des trois mondes !
Le faisceau de lumière en haut du sceptre commença à tournoyer, tout d'abord lentement, pour atteindre une vitesse virtigineuse, pendant quelques secondes. Un dernier rayon d'un bleu vif jaillit vers le plafond, nimbant la salle entière d'un halo bleuté, s'en suivit un courant d'air d'une extrême puissance qui dura le temps d'un souffle. Puis un silence, religieux, étrange, régna dans la grotte, plongée à présent dans le noir absolu, vide de tout occupant. Ybagus avait disparu !
Taillé dans la roche apparaissait un dessin : une fleur aux longues pétales ovales.
Le lendemain, Cynthia se réveilla très en retard, elle entendait sa mère pester dans la salle de bain.
-Dépêche-toi, tu vas rater ton bus. Qu'as-tu fait hier soir pour avoir autant de mal à te lever ? Je suis sûre que tu as encore écouté ton baladeur jusqu'à une heure avancée…
Cynthia marmonna des mots inintelligibles, le visage enfoui dans son oreiller. Elle entendit les pas de sa mère sur le parquet.
- Mais, regarde-moi cette chambre, je te prierai de la ranger une bonne fois pour toute ! Ton bureau… s'exclama-t-elle plus fort, mais ce n'est pas possible, comment peux-tu travailler dans de telles conditions ?La jeune fille plaqua une main sur son oreille droite pour atténuer les paroles de sa mère. Celle-ci semblait franchement énervée, et cela se confirma lorsque le drap vola dans un courant d'air ; le visage penché au-dessus de sa joue, elle asséna d'une voix excédée :
- Lève-toi ou tu te débrouilles pour te rendre au lycée ! Je te rappelle que ton bus pour ton excursion est à huit heures et demie.
Dans un effort surhumain, Cynthia posa un pied sur le sol en ouvrant un œil. Enfin, la voix s'était éloignée vers la cuisine. Elle s'étira et posa le deuxième pied sur le parquet, finalement dans un soupir, elle s'assit sur le bord du lit. Les meubles semblaient tanguer devant ses yeux, certainement une conséquence de l'abus de cette nuit, comme écouter son lecteur MP3. Et, se lever à six heures trente du matin n'arrangeait pas son état comateux. Soudain, elle tendit l'oreille, sa mère revenait à l'attaque ; d'un bond elle se précipita hors du lit, quitta sa chambre et se précipita dans la salle de bain. Plus tard, douchée et son petit déjeuner pris sur le pouce, elle quitta le domicile. En un temps record, sa mère la déposa en voiture devant le lycée.
- Amuse-toi bien ! Je passe te chercher vers dix neuf heures ?
- Tu n'as pas besoin de venir, le père de Benjamin me ramène.
- Très bien, alors pas de bêtises et ne te perd pas en forêt.
- Maman, grommela Cynthia, je te rappelle que j'ai presque seize ans et nous sommes encadrés par des professeurs.
Sa mère eut un petit sourire contrit
- D'accord ! Mais fais attention…
Elle observa sa fille descendre de la voiture, lui fit un petit signe et démarra rapidement. Sa mère était souvent pressée, elle travaillait dans une agence immobilière où sa fonction d'attachée commerciale consistait à louer des appartements. Ses parents avaient divorcé lorsqu'elle avait six ans. Elle voyait son père uniquement pendant les vacances d'été car il vivait dans le sud près de Montpellier. Curieusement, son absence ne lui manquait pas, ils se téléphonaient régulièrement et cela lui convenait.
Repérant Benjamin qui lui faisait signe, elle accéléra le pas pour le rejoindre.
- Tu as une sale tête, fit le jeune homme
- Je te remercie, rétorqua-t-elle aigrement. Si, hier soir, tu ne m'avais pas inondé de SMS, je me serais endormie plus tôt.
- Oh ! Oh ! On est de mauvais poil ? Un petit voyage dans la nature va te requinquer ma grande.
Mme Baudin garait sa polo sur le parking. Et de sa démarche énergique, elle rejoignit ses élèves. Essayant de couvrir le brouhaha des voix , elle s'exclama :
- Je vais faire l'appel, un peu de silence s'il vous plait !
Monsieur Kiefer, professeur de SVT, participait également à l'excursion. Il arrivait, essoufflé, à la hauteur de Madame Baudin, tandis que chaque élève montait dans le bus dès l'appel de leur nom. A la fin, elle nota un seul absent. Le chauffeur attendit le retardataire qui se fit copieusement siffler lorsque, hors d'haleine, il grimpa dans le car quelques minutes plus tard. Dans un joyeux chahut, le véhicule traversa la ville avant de rejoindre l'autoroute où il s'engouffra dans le flot de la circulation intense ; car les premiers vacanciers étrangers envahissaient les routes de l'hexagone, Cynthia s'assoupit tandis que Benjamin pianotait sur son téléphone portable. Le temps était agréable, le soleil brillait dans un ciel sans nuage et l'ambiance entre lycéens s'avérait sympathique. Par conséquent, la journée s'annonçait sous les meilleurs auspices. L'excitation se calma peu à peu après une heure de trajet, laissant place à un léger bourdonnement de voix.
10 octobre 2008
Chapitre 1 - Partie 3
Après deux heures de route, le chauffeur emprunta une bretelle de sortie qui aboutit à un rond-point. Ensuite, il suivit la direction du parc "les Roches",* indiquée sur des panneaux verts ; ce qui relança l'intérêt des adolescents qui commencèrent à s'agiter de nouveau.
- On est bientôt arrivé m'dame ? interrogea une voix féminine.
- Dans une quarantaine de minutes… patience… restez calme.
Bien sûr, personne ne prêtait attention à ses recommandations. Le bus suivit une route sinueuse et entreprit son ascension sur quelques kilomètres avant d'atteindre une forêt qu'il traversa pendant une demi-heure. Cynthia observait les arbres immenses qui défilaient sous ses yeux. Enfin, ils débouchèrent sur une plate-forme qui surplombait la vallée et marquait la fin de la route. Le chauffeur débuta une manœuvre délicate dans le but de se garer le long d'un ravin bordé d'une murette grise. Les élèves applaudirent pour saluer sa dextérité. Pressés de se dégourdir les jambes, ils faisaient déjà la queue dans l'allée. Cynthia fut une des dernières à quitter le bus.
- Bon, votre attention, s'il vous plait, commença à voix haute leur professeur d'histoire. Vous avez quartier libre à l'intérieur du parc "les Roches" (*). Il est très réputé dans cette région, et bien qu'il n'en porte pas le nom, il est considéré comme une véritable réserve naturelle. Vous trouverez une quantité de variétés d'oiseaux protégés depuis quelques années. Vous avez également des petites grottes nichées dans la forêt située devant vous. Dans tous les cas, nous nous retrouvons à dix sept heures devant le bus. Pour les moins intrépides, vous avez une aire de pique-nique près de la rivière…Le parc couvre une superficie de deux kilomètres, il est impossible de vous perdre car il est parfaitement délimité et fléché. Donc, amusez-vous, partez à la découverte de ce superbe endroit, mais n'oubliez pas, dix sept heures ! Dernier délai !
Les élèves se dispersaient déjà comme une nuée de sauterelles. Cynthia, accompagnée du fidèle Benjamin, Romain et Claire – deux élèves de sa classe -, emprunta un petit sentier le long d'une charmante rivière. Les plaisanteries fusaient et des rires résonnaient au loin. Dans un premier temps, ils longèrent le cours d'eau qui sinuait entre une végétation aux couleurs éclatantes. Ils s'amusèrent à grimper sur des rochers de taille moyenne, et s'engagèrent dans une partie de cache-cache qui leur rappela de bons souvenirs de jeunesse. Un petit parcours d'aventure pourvu de lianes et de petits ponts en bois longeait l'orée de la forêt et tentait déjà les plus intrépides.
Mais ils préférèrent faire une pause pour déjeuner puis décidèrent de partir à la recherche de ces fameuses grottes. La chaleur laissa place à la fraîcheur agréable de la forêt. Ils marchèrent une demi-heure en discutant de choses et d’autres. Puis, les garçons, toujours prêts à se ridiculiser devant les filles, saisirent des bâtons tordus et improvisèrent une bataille devant ces dernières, secouées de fous rires. Finalement, à leur plus grande stupéfaction, elles se jetèrent dans la mêlée avec une parfaite maîtrise de leurs armes trouvées sur le sol. A la fin, haletante et les joues roses d'excitation, Cynthia s'adossa à un tronc d'arbre, reprenant son souffle progressivement.
- Les filles ont gagné, s'exclama Claire en brandissant son épée difforme.
- Tu rigoles, s'écria Romain, on vous a battues à plate couture. Tu t'es enfuie en hurlant !
- C'était un cri de guerre, protesta-t-elle, et j'ai opéré un repli pour asséner une dernière attaque stratégique.
Cynthia appréciait la jeune fille et ses réparties dynamiques. Romain, les sourcils froncés, secouait vivement la tête alors que Claire, les yeux étincelants, protestait de plus belle.
Cynthia chercha du regard Benjamin ; debout sur une pierre, il tenait un petit canif et affûtait l'extrémité du bâton qu'il avait utilisé, visiblement peu préoccupé par leur dispute Elle se redressa et fit quelques pas machinalement, en levant les yeux. A travers quelques arbres, elle put distinguer deux nuages de couleur grise, formant deux petites taches, au-dessus de l'endroit où elle se tenait. A cet instant, un curieux sentiment l'envahit qui l’incita subitement à reprendre sa marche. Elle continua sur quelques mètres puis s'arrêta brusquement : son cœur battait à coups redoublés. Oppressée, elle exhala son souffle lentement tandis qu’une force inconnue la poussa à continuer dans cette direction. Sans comprendre ses réactions, elle gravit une pente parsemée de brindilles pour atteindre un mur de roche. Instinctivement, elle leva la main ; la pierre dégageait une forte chaleur. Surprise, elle tressaillit.
- Eh ! Cynthia, qu'est ce que tu fais ? demanda Benjamin sur ses talons.
- Viens voir de ce côté, la roche est bizarre, elle dégage une forte chaleur.
Il grimpa à sa hauteur et toucha de la paume la matière rugueuse.
- Je ne sens rien…
Fronçant les sourcils, la jeune fille posa sa main, rien, la pierre était froide. Elle s'immobilisa, surprise. Que se passait-il ? Avait-elle rêvé ? D'ailleurs, une tension inhabituelle l’oppressait de nouveau, désarçonnée, elle resta silencieuse. "Peut-être était-il préférable de rejoindre les autres," songea-t-elle. Cependant, incapable d'effectuer le moindre mouvement, elle leva les yeux et tressaillit à la vue d’une plante incrustée dans une entaille. Intriguée, elle s'approcha et détailla du regard une fleur étonnante : la tige supportait trois corolles composées de pétales ovales dont la couleur saphir était peu courante. Hésitante, elle leva la main et effleura doucement le velouté d’un sépale. Un calme étrange l’envahit.
- Tu as déjà vu ce type de fleur ? demanda-t-elle la voix rauque.
Intrigué par le comportement de son amie hypnotisée par cette plante, Benjamin répondit :
- Non, bizarre qu'elle puisse pousser à cet endroit.
- Oui, murmura-t-elle distraitement.
Un détail la tracassait, elle aurait juré que cette fleur n'existait pas lorsqu'elle avait gravi la pente. Elle repensa à cette sensation de chaleur et secoua la tête : "tu deviens folle, calme-toi ! Tu ne l'as pas vue tout simplement ! Cette plante n'a pas poussé subitement, après ce phénomène. Quelle idiote !" Elle se massa le front en proie à une légère nervosité.
- Allez ! Tu viens, il est trois heures et nous devons encore localiser ces grottes, pressa Benjamin, impatient.
Elle n'arrivait pas à quitter cet endroit ; abandonner cette plante lui coûtait, sans qu'elle puisse s'en expliquer les raisons.
- Je viens.
Finalement, elle commença à pivoter vers la gauche quand une phrase résonna en elle, furieusement : « Cueille là, tu dois la cueillir ! » Alors, le souffle court, elle leva le visage et tendit une main, tel un ressort, paniquée à l’idée de changer d'avis. Ses doigts s’immobilisèrent à quelques millimètres de la tige et, avec douceur, la saisirent …Quelques minutes plus tard, ses yeux noisette fixaient ce bleu étonnant, incapable de trouver une explication à son comportement étrange.
Romain et Claire apparurent en bas de la butte. Cynthia les rejoignit et prit spontanément la tête du groupe. Ils déambulèrent dans la forêt et émergèrent sur un sentier ensoleillé et dégagé, bordé d’une végétation dense. La jeune fille s'arrêta, et cette tension, qui ne la quittait plus, s’accrut. Elle cligna des yeux sous le soleil qui brillait au zénith. La main en visière, elle remarqua à nouveau les deux nuages isolés dans une nappe bleue, semblables à deux grosses taches de couleur cendrée.
- Allons faire un tour de ce côté, dit-elle subitement.
Claire lança un regard sceptique sur l'étendue envahie d'arbustes épineux
- Dans cette végétation ? On risque d'abîmer nos vêtements, et je ne sais pas s'il est prudent de s'éloigner des sentiers.
- Le terrain parait sûr, objecta la jeune adolescente, guidée par un drôle de pressentiment.
Elle préférait ne pas s'attarder sur les sensations perturbantes qui la traversaient depuis quelque temps, et la forçaient à se diriger vers un endroit précis. Déjà, elle s'avançait prudemment à travers le feuillage, ignorant les épines qui griffaient les mollets. Après dix minutes, une autre partie de la forêt se profila à l'horizon, ils s'y enfoncèrent. Cynthia accéléra le pas. Ils surgirent dans un cul de sac, bouché par une grande paroi rocheuse.
- Où sommes-nous ? s'exclama Romain, l'étonnement se peignait sur son visage.
Ils observèrent les lieux et remarquèrent une ouverture béante : l'entrée d'une grotte !
- Waouh ! s'écrièrent les garçons excités. On en a trouvé une ! Génial !
Ils se tapèrent dans la main, dans un geste typiquement masculin qui leur attira un regard ironique de la part des jeunes filles.
- Cela me paraît bien sombre, dit Claire peu rassurée subitement.
Cynthia restait anormalement silencieuse.
Benjamin fouilla dans ses poches remplies de babioles et brandit fièrement une petite torche.
- Pas de panique, j'ai ce qu'il faut.
Cynthia lui jeta un regard indulgent.
- Tu m'étonneras toujours Ben, mais elle me paraît bien minuscule.
- Ça devrait aller, déclara-t-il avec un bel optimisme.
- Et si elle s'éteint, nous risquons de nous perdre, protesta Claire.
Romain s'avança d'une démarche assurée et lança d'un ton moqueur :
- Allez ! Trouillarde, nous n'avons pas fait tout ce chemin pour abandonner maintenant.
Benjamin et Cynthia le suivirent. Claire n'eut guère le choix, avec un petit soupir elle se précipita derrière ses amis. Effectivement, à l’intérieur, il faisait noir comme dans un four. Le petit faisceau de la torche balayait la roche aux dessins irréguliers, l'entrée d'une largeur de deux mètres était humide, et ils continuèrent avec prudence. Claire, l'échine parcourue d'un frisson, s'accrocha au bras de son amie.
- Et s'il y avait des chauves-souris ?
- Non, je ne pense pas, rétorqua Cynthia rassurante.
- Des genres de crevasses, alors ?
- La ferme, Claire ! Asséna Romain, nerveux à présent.
Benjamin eut un petit rire qui détendit l'atmosphère.
- Et bien, on fait une sacré paire d'Indiana Jones à nous quatre.
Cynthia eut un petit gloussement.
- Tu as raison, on tremble de peur au bout de quelques mètres.
- Il n'y a pas de mal à être prudent, grommela Claire vexée.
- En revanche, tu vas nous flanquer la chair de poule si tu continues ainsi, décréta Benjamin, en balayant son faisceau lumineux le long des parois granuleuses. Regardez ! La grotte s'élargit à cet endroit, je crois même qu'on débouche dans autre salle, ajouta-t-il avec un brin d'excitation dans la voix.
Ils marchèrent lentement tout en essayant de distinguer ce qui les entourait. Depuis quelques secondes, la main de Cynthia, sous les pétales de cette fleur mystérieuse, s’échauffait lentement. La chaleur, tout d'abord discrète, s'intensifia lorsqu’elle fit un pas de côté pour longer un mur.
- Benjamin, éclaire cette partie, demanda-t-elle impulsivement.
Ce dernier leva sa torche et effectua un rapide mouvement circulaire.
- Moins vite ! S'exclama-t-elle, excédée.
Il ravala des paroles peu aimables, renonçant à comprendre les réactions bizarres de son amie.
- Comme ça ? questionna-t-il avec une pointe d'ironie.
Il fit le même mouvement avec une patience exagérée. Elle ignora son léger sarcasme.
- C'est parfait, Ben.
Elle fixait le faisceau qui éclairait les couches composées d'un grès friable. Benjamin sursauta violemment lorsqu'elle s’écria d'une voix stridente.
- Stop ! Là !
Elle pointait du doigt un emplacement parfaitement lisse. Abasourdis, ils contemplèrent le dessin taillé et peint finement dans la roche. Devant leurs yeux apparaissait l'exacte réplique de la fleur que tenait entre ses mains leur camarade.
- Qu'est-ce que ça veut dire ? chuchota Claire impressionnée par leur découverte.
Cynthia secoua la tête.
- Je ne sais pas.
* Lieu fictif, totalement inventé par Belinda
09 octobre 2008
Chapitre 1 - Fin
La chaleur sous sa paume augmenta subitement ; et, ils sursautèrent à l'unisson lorsque le dessin sur la paroi se mit à briller d'une douce lumière bleutée. Avec effroi, Claire retint un cri quand les pétales entre les mains de Cynthia scintillèrent doucement de la même nuance. Celle-ci, effrayée, lâcha la plante qui resta suspendue dans les airs devant leurs yeux interloqués.
Romain ouvrit la bouche sans qu'aucun son n'en sorte. Les pieds cloués au sol, lui et ses amis, fixaient pétrifiés la fleur qui chatoyait de plus en plus. Puis, sous leur regard choqué, elle exécuta un lent demi-cercle avec une grâce de ballerine, pour s'élever d'une cinquantaine de centimètres. Elle resta figée quelques secondes puis tournoya sur elle-même tout en se rapprochant de la gravure. Elle ralentit, glissa le long de celle-ci, avant de s'emboîter parfaitement dans ce moule. Un halo de lumière bleuté nimba la silhouette de Cynthia.
- Cynthia, murmura Claire peu rassurée.
Deux nuages au dessus de la clairière finissaient à cette seconde de se chevaucher, pour ne former qu'une seule tâche dans un ciel azur...
Alors, la lueur émise par les pétales explosa dans un éblouissement et enveloppa l’adolescente d’un halo aveuglant. Au même instant, une bourrasque d’une violence phénoménale jaillit de toute la superficie de la roche. Claire poussa un hurlement quand ils furent projetés rudement à terre, au fond de la caverne. Seule, Cynthia, paralysée par ce faisceau, restait debout les yeux clos. Tout à coup, elle s’éleva lentement dans les airs. Ses camarades, aveuglés par le rayonnement et plaqués au sol, ignoraient complètement la scène qui se déroulait au ralenti. Romain s’agrippa désespérément à un bloc de pierre tandis que Claire, protégée par Benjamin, sentit ce dernier l'obliger à se recroqueviller contre la façade de la grotte.
Avec une vitesse foudroyante, le rayonnement bleuté se propagea sur toute la largeur de la paroi ; des éclairs plus vifs jaillirent des pétales, à quelques centimètres de la jeune fille, toujours en lévitation au-dessus du sol. Dans une pluie de poussière, la roche commença à s'effriter en son centre pour s'ouvrir et laisser place progressivement à un trou béant. La fleur avait disparu sous ce déluge, mais la lumière brillait avec la même intensité au milieu de cette brèche. Quand celle-ci fut complète, le faisceau bleuté ondula vers l’avant ; Il effleura Cynthia avant de s’enrouler lentement autour de ses chevilles, pour remonter jusqu’à son visage d’une pâleur translucide.
Alors, son corps commença à glisser vers le seuil de cette entrée. Il atteignit le bord puis s’enfonça avec précaution dans les ténèbres. Sa silhouette rétrécissait de plus en plus, s’éloignant inexorablement au cœur de ce sombre tunnel. Quand elle ne fut plus qu’un petit point brillant, elle se sentit aspirée et disparut dans un nuage de paillettes blanches. Ses amis, cloués au sol, luttaient contre les bourrasques qui n’avaient pas cessé.
Le grès de la roche déchirée s'enroula en sens inverse dans un nuage gris, tel un parchemin qui se refermait peu à peu. Le souffle diminuait en intensité tandis que le passage disparaissait lentement. Puis, le silence régna de nouveau, la paroi ayant repris son aspect habituel.
La gravure avait disparu
Mais le plus curieux, la grotte était vide ; en effet, Romain, Benjamin et Claire quittait la clairière sans un regard en arrière. Ils rejoignirent leur bus, le visage visiblement ravi par cette escapade. Mademoiselle Baudin fit l'appel et le nom de Cynthia ne figurait plus sur sa liste. Leur groupe reprit la route, laissant derrière lui, le parc avec sa grotte et ses mystères. Dans une agence immobilière, une femme quittait son bureau afin de regagner son domicile, avant de se rendre à son club de gymnastique. Au fond du couloir, à l’étage de sa maison, la chambre de Cynthia avait disparu, remplacée par un bureau confortable.
08 octobre 2008
Personnages
Cynthia : Elève de seconde - seize ans
Benjamin : meilleur ami de Cynthia, scolarisé dans la même classe
Ybagus : Sorcier
(à compléter)

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